Senegal: FMI Agreement Requires Board Approval, Corrective Measures
Il faut se garder de confondre une étape avec une victoire. L’accord conclu au niveau des services du Fonds Monétaire International (FMI), annoncé par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, constitue indéniablement une avancée importante pour le Sénégal. Mais il ne règle ni, à lui seul, la question de la dette, ni celle des équilibres budgétaires, encore moins celle de la confiance perdue auprès des marchés. L’enveloppe annoncée de 1 243 milliards de FCFA est spectaculaire par son montant. Elle l’est moins par sa portée immédiate. Car cet accord reste soumis à l’approbation du Conseil d’administration du FMI et à la satisfaction de plusieurs conditions, notamment les mesures correctrices et les assurances de financement attendues des partenaires du Sénégal. Autrement dit, les ressources ne sont pas encore dans les caisses de l’État. Entre l’annonce et le décaissement, il reste un chemin que les autorités devront parcourir avec méthode et discipline Et c’est précisément là que commence le véritable sujet. Après plusieurs années de déséquilibres budgétaires, d’accumulation de dette et, surtout, de crise de confiance autour de la fiabilité des données financières publiques, le Sénégal ne peut plus se contenter d’annonces rassurantes. Il doit désormais produire des preuves. Des preuves de transparence. Des preuves de maîtrise de la dépense. Des preuves de sincérité budgétaire. Des preuves, enfin, que les leçons de la crise récente ont été réellement tirées. L’enjeu de cet accord est donc beaucoup plus large que son montant Le FMI apporte certes un soutien financier. Mais il apporte surtout un cadre de surveillance et un label de crédibilité susceptible de rassurer les partenaires techniques et financiers, les investisseurs et les marchés. Dans un contexte où la signature du Sénégal a été fragilisée, cet élément est loin d’être secondaire. Le retour progressif de la confiance pourrait, à terme, coûter moins cher que la recherche permanente de financements dans un environnement de taux élevés et de prime de risque importante. Mais la confiance est une matière fragile. Elle se gagne lentement et se perd rapidement. Le gouvernement devra ainsi résoudre une équation particulièrement délicate : assainir les finances publiques sans casser la croissance, réduire les déficits sans sacrifier l’investissement, contenir la dette tout en finançant les priorités du développement. C’est tout le paradoxe de la situation actuelle. Le Sénégal doit faire moins de dépenses improductives, mais davantage d’investissements utiles. Il doit réduire ses déficits, tout en créant les conditions d’une croissance suffisamment forte pour élargir l’assiette fiscale et améliorer progressivement le ratio d’endettement. La réussite du programme se jouera donc dans cette capacité à changer la qualité de la dépense publique, et pas seulement son volume. La maîtrise des charges énergétiques, l’amélioration du recouvrement des recettes, la rationalisation des dépenses, la meilleure gestion des entreprises publiques et la sélection plus rigoureuse des investissements devront rapidement produire des résultats visibles. À défaut, le risque serait de transformer le soutien du FMI en simple respiration financière, sans traiter les causes profondes des déséquilibres. Le plus important ne sera donc pas de savoir combien le Sénégal pourra mobiliser. Il faudra surtout savoir ce qu’il fera de ces ressources et quels résultats elles permettront d’obtenir. La période des annonces peut être utile pour rassurer. Celle des preuves sera déterminante pour convaincre. Le FMI peut ouvrir la porte. À l’État sénégalais de démontrer qu’il sait désormais franchir le seuil d’une gestion publique plus rigoureuse, plus transparente et surtout plus crédible.
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