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Senegal's IMF Agreement: Debt Crisis Persists Despite Financial Deal

Senegal·Wire Summary⏱️ 4 min read

À ce jour, le Sénégal n'a pas reçu un seul dollar du Fonds monétaire international (FMI), et sa dette n'a pas diminué d'un franc. Le 1er septembre 2026, ses autorités et les services du FMI ont conclu un accord technique sur un programme d'environ 2,2 milliards de dollars sur 36 mois. Il reste soumis à des mesures correctrices sur les déclarations erronées du passé, à des assurances de financement et à l'approbation du conseil d'administration. Depuis, deux marchés jugent la même signature : le marché international des euro-obligations et le marché régional des titres publics de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Le premier affiche sa défiance dans les prix ; le second, davantage détenu par les banques de la zone et encadré par des règles prudentielles spécifiques, ne la traduit pas de la même manière. L'économiste Florent Kanga Gbongué est spécialisé dans la finance, les marchés financiers, la gestion des risques et les questions de dette souveraine. Il explique à The Conversation Africa l’enjeu de l’accord du Sénégal avec le FMI. Que change concrètement l'accord avec le FMI dans la gestion de la dette du Sénégal ? L'accord change la manière de gérer la dette, pas encore son montant. Il fixe un cadre budgétaire sur trois ans, conditionne le retour des financements concessionnels et ouvre la voie à un traitement négocié avec les créanciers. Il répond d'abord à une crise de confiance. La Cour des comptes a réévalué le déficit de 2023 à 12,3 % du PIB, contre 4,9 % annoncés. Selon le FMI, la dette atteignait fin 2024 près de 119 % du PIB pour l'administration centrale, et environ 132 % pour l'ensemble du secteur public. Le gouvernement a présenté en parallèle un plan de traitement. Il entend en exclure la dette libellée en francs CFA, pour préserver le marché régional, et recourir au Cadre commun du G20; environ 5 milliards de dollars d'euro-obligations seraient concernés. Le 11 septembre, le Trésor a levé 101,3 milliards de francs CFA (170 millions de dollars américains) sur le marché régional, à 7,89 % sur cinq ans. Au même moment, ses euro-obligations s'échangeaient autour de la moitié de leur valeur faciale, et S&P abaissait la note du Sénégal en devises à CC (risque de défaut extrêmement élevé). Deux marchés, une seule dette, deux prix. J'appelle cet écart la prime de périmètre. Il tient en partie aux règles. Dans l'Uemoa, qui réunit les huit pays utilisant le franc CFA, les titres d'État libellés et financés en francs CFA sont pondérés à 0 % dans le calcul des fonds propres exigés des banques. Conservés jusqu'à l'échéance, ils ne sont pas évalués au prix du marché, et leur dépréciation pour risque de crédit reste facultative. Ce dispositif a une utilité réelle : il facilite le financement des États et limite les ventes forcées de titres publics par les banques lors des périodes de tension. Mais il comporte aussi un risque : en retardant la reconnaissance comptable et prudentielle d’une dégradation, il peut rendre le problème moins visible sans le faire disparaître. Ces règles ne suppriment donc pas le risque souverain ; elles influencent surtout le moment et la manière dont il apparaît dans les comptes des banques Quels sont les principaux enjeux de cet accord pour les finances publiques sénégalaises ? L'enjeu n'est pas un ratio isolé, mais l'articulation de quatre bilans. Le bilan des stocks exige une dette entièrement recensée, y compris les garanties, les engagements des entreprises publiques et les arriérés. Un indicateur utile est l’ajustement stocksflux, c’est-à-dire l’écart entre la variation de la dette et le déficit budgétaire. Lorsqu’il est durablement élevé, cet écart doit être expliqué : il peut refléter des opérations financières légitimes, mais aussi des engagements insuffisamment retracés dans les comptes publics. Dans le cas du Sénégal, les constatations de la Cour des comptes ont précisément mis en évidence l’importance de cette réconciliation. Le bilan budgétaire mesure la charge réel

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