Joola Families Demand Recovery of Victims' Remains 24 Years After Tragedy
Vingt-quatre ans après la tragédie du « Joola » les blessures restent profondes à Ziguinchor. Avec la commémoration du naufrage du bateau qui assurait la navette entre Dakar et Ziguinchor, les familles des victimes continuent de porter les mêmes doléances avec cette année encore une revendication qui revient avec insistance : le renflouement des ossements des victimes restés au fond de l’océan. « UN MUSEE SANS LES OSSEMENTS ET LES RESTES DES VICTIMES DEMEURE UN MUSEE VIDE » Pour les familles des victimes du naufrage du bateau le « Joola », le devoir de mémoire ne peut se limiter à des cérémonies commémoratives ou à l’édification d’un lieu de mémoire. Il doit aussi passer par la récupération des restes des victimes afin de leur permettre, disent-elles, d’accomplir leur deuil dans la dignité. « Un musée sans les ossements et les restes des victimes demeure un musée vide », estiment certains proches des disparus. Pour eux le Musée-Mémorial consacré au « Joola » ne saurait être pleinement représentatif de la tragédie sans les reliques du navire et les restes des victimes. Eli Bernard Diatta, membre de l’Association nationale des familles des victimes du « Joola » (ANFV/Joola) Insiste sur l’importance de cette revendication. « Il est extrêmement important que les ossements soient renfloués et mis dans un reliquaire ici, dans le Mémorial-Musée, pour permettre aux familles de déclencher le processus de deuil. » Selon lui, cette attente dépasse la seule question du renflouement. Elle renvoie également à une souffrance qui, pour certaines familles, dure depuis vingt-quatre ans. « Nous n’avons pas été pris en charge du point de vue psychologique et social depuis 24 ans », déplore-t-il, avant d’évoquer la nécessité de permettre aux familles de retrouver enfin une forme d’apaisement. Dans cette quête, le renflouement des ossements devrait occuper une place centrale dans les revendications portées lors de la 24e commémoration du naufrage. LE MUSEE-MEMORIAL « JOOLA » NE SUFFIT PAS A LUI SEULE A REFERMER LES BLESSURES LAISSEES PAR LE NAUFRAGE À Ziguinchor, cette journée sera notamment marquée par des prières, des recueillements et des moments de mémoire dans les cimetières. Le naufrage du « Joola » qui assurait la liaison maritime entre Ziguinchor et Dakar demeure l’une des plus grandes tragédies maritimes de l’histoire du Sénégal. Le navire a sombré au large des côtes gambiennes, dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002. Le bilan officiel fait état de 1 863 morts même si le nombre exact de victimes a longtemps fait l’objet de débats. Derrière ces chiffres se trouvent des familles, des enfants, des parents et des proches dont la vie a été bouleversée par le drame. Depuis lors plusieurs revendications reviennent régulièrement. La question des « pupilles de la Nation », celle du renflouement du navire et désormais avec une nouvelle insistance celle des ossements des victimes constituent autant de dossiers que les familles continuent de mettre sur la table. La construction du Musée Mémorial « Joola » représente certes une étape importante dans le devoir de mémoire. Mais, pour les familles, cette imposante infrastructure ne suffit pas à elle seule à refermer les blessures laissées par le naufrage. Le lieu de mémoire doit, selon elles, être accompagné d’actes permettant de restituer aux victimes une place digne dans le récit national. D’où cette demande persistante de récupérer les restes humains qui pourraient encore se trouver à bord de l’épave. LE SENTIMENT D’UNE ATTENTE QUI SE PROLONGE, VINGT-QUATRE ANS APRES LE DRAME Vingt-quatre ans après le drame, le sentiment qui domine chez certaines familles est celui d’une attente qui se prolonge. A chaque anniversaire, les mêmes revendications ressurgissent tandis que les autorités sont à nouveau interpellées sur les engagements pris. Entre promesses, annonces et attentes, la mémoire du « Joola » continue ainsi de se construire dans un contexte où les familles réclament des réponses concrètes. Mais au-
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