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Economists Propose Solutions for Senegal's Debt Crisis

Senegal·Wire Summary⏱️ 4 min read

(SenePlus) - Pour Ndongo Samba Sylla et Alvaro Cencini, la crise de la dette sénégalaise ne se résume pas aux emprunts dissimulés découverts ces dernières années. Dans un article de Mor Amar, publié ce 4 septembre 2026 sur EnQuête l'accent est mis sur une note de politique économique dans laquelle les deux économistes identifient une cause plus profonde : le fonctionnement actuel des paiements internationaux. Selon leur analyse, les « dettes cachées » constituent surtout un facteur aggravant d’une fragilité structurelle. Le problème viendrait notamment du fait que les pays qui importent davantage qu’ils n’exportent doivent mobiliser des devises étrangères pour régler leurs fournisseurs. Cette mécanique crée, selon les auteurs, une forme de « double paiement » : le pays supporte le coût réel de ses importations tout en devant s’endetter en devises pour effectuer les règlements extérieurs. Les économistes prennent l’exemple du Sénégal en 2023. Le pays aurait importé pour environ 6 000 milliards de francs CFA de biens et services, contre près de 2 000 milliards d’exportations, soit un déficit extérieur d’environ 4 000 milliards de francs CFA. Dans leur démonstration, cette différence correspond à une contrepartie en monnaie nationale qui pourrait rester dans l’économie sénégalaise, mais qui est aujourd’hui absorbée par le mécanisme de règlement en devises. C’est sur cette base qu’ils proposent une réforme baptisée « one-country reform », ou réforme « un seul pays ». L’idée serait de créer un Bureau national des paiements, doté de deux départements : l’un chargé des opérations en francs CFA à l’intérieur du pays, l’autre des règlements en devises à l’extérieur. L’objectif serait de conserver dans l’économie nationale la contrepartie en monnaie locale du déficit extérieur, tout en continuant à payer intégralement les créanciers étrangers. Le dispositif reposerait notamment sur un mécanisme de contre-prêt. Le Sénégal continuerait à emprunter les devises nécessaires pour régler ses importations, mais le Bureau national accorderait simultanément un prêt équivalent au reste du monde. Selon les auteurs, cette opération permettrait de neutraliser la dimension monétaire de l'endettement supplémentaire, sans annuler les obligations du pays envers ses créanciers. L’enjeu financier avancé par les économistes est considérable. Ils estiment que le Sénégal aurait pu conserver 4 000 à 4 500 milliards de francs CFA en 2023 grâce à ce mécanisme. Cette somme serait transférée au Trésor et destinée au financement de la production, des infrastructures, de la santé ou de l’éducation. Une présentation récente de la proposition par Sylla reprend également cette estimation de 4 500 milliards de francs CFA, correspondant au déficit extérieur hors échanges avec l’UEMOA. Cette proposition remet donc en cause la réponse actuellement privilégiée face à la crise. Pour Sylla et Cencini, l’austérité budgétaire et les restructurations de dette ne peuvent pas régler un déséquilibre qui trouve son origine dans l’architecture des paiements internationaux. Leur approche consiste plutôt à modifier cette architecture afin que le déficit extérieur ne se traduise pas mécaniquement par une accumulation de dette extérieure. La réforme soulève toutefois une question institutionnelle majeure. Dans sa version sénégalaise, elle suppose une souveraineté monétaire accrue. Les auteurs estiment qu’elle pourrait être appliquée par le Sénégal s’il sortait de l’UMOA et abandonnait le franc CFA. Une autre possibilité serait de convaincre les États membres de transformer le système monétaire régional afin d'intégrer ce mécanisme de compensation. La thèse défendue par les deux économistes est donc plus large que le seul débat sur les « dettes cachées » : le véritable enjeu serait de reprendre le contrôle du circuit monétaire par lequel le Sénégal règle ses échanges avec l’extérieur. Leur proposition entend ainsi substituer à une logique d’austérité une réforme du système de paiement cap

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