Senegal-IMF Agreement: Public Debate Exclusion Criticized
(SenePlus) - Invité ce dimanche de l'émission Objection , diffusée sur Sud FM, le socio-anthropologue Youssou Mbargane Guissé, ancien chercheur à l'Institut fondamental d'Afrique noire (IFAN), a livré une lecture critique de l'accord technique conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI), à la veille de la Déclaration de politique générale (DPG) attendue le 8 septembre. Pour l'invité de la rédaction, la discussion publique autour de cet accord souffre d'un déséquilibre de taille : elle ne mobilise, jusqu'ici, que le FMI, l'État, l'Assemblée nationale et les institutions financières, en laissant de côté ce qu'il considère comme l'acteur le plus déterminant de l'équation : la population elle-même, et en particulier la jeunesse. Il affirme que ce sont pourtant les jeunes, les travailleurs et les ménages qui, dans les quartiers et sur les marchés, commentent et jugent chaque jour ce programme, loin des cénacles où se négocient les chiffres et les taux d'endettement. Selon lui, ignorer ce baromètre populaire constitue une erreur de méthode, car une politique économique, aussi rationnelle soit-elle sur le papier, ne peut réussir sans l'adhésion de ceux qui devront en supporter le coût. Or ce sont précisément les ménages, les jeunes sans emploi et les entrepreneurs nationaux qui, à ses yeux, risquent d'absorber les effets des mesures d'assainissement à venir. Au-delà des indicateurs macroéconomiques, le chercheur situe la difficulté actuelle sur le terrain de la légitimité politique. Il établit un parallèle avec les plans d'ajustement structurel des années 1980, dont les effets, dit-il, continuent de peser sur la société sénégalaise plusieurs décennies plus tard, à travers une pauvreté devenue selon lui héréditaire au sein de certaines familles. Il pointe également un fossé grandissant entre les gouvernants et les citoyens, qu'il oppose à la stabilité historique des relations entre les populations et les guides religieux, régulièrement citée en exemple. Ce contraste illustrerait, selon son analyse, un désengagement progressif des Sénégalais vis-à-vis des cadres institutionnels classiques. Concernant l'exercice attendu du Premier ministre devant les députés le 8 septembre, l'invité d' Objection y voit moins une simple présentation de programme qu'un véritable test politique, dans un contexte où l'majorité parlementaire ne coïncide plus avec l'exécutif. Il n'exclut pas qu'une motion de censure puisse être déposée si le programme présenté s'écarte trop de celui pour lequel les électeurs s'étaient prononcés en 2024.
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