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Senegal: Commentary on Freedom of Movement and Immigration Rights

Senegal·Wire Summary⏱️ 3 min read

(SenePlus) - Dans une chronique publiée le 22 mars 2026 sur Mediapart, la journaliste et chercheuse Rokhaya Diallo interroge le « deux poids, deux mesures » qui distingue, dans le débat public, les migrants du Sud et les « expatriés » du Nord, et met en cause la logique néocoloniale qu'elle décèle derrière les discours sur l'immigration. Rokhaya Diallo revient, dans sa chronique pour Mediapart, sur la polémique suscitée par ses propos affirmant que la liberté de circulation, consacrée par la Déclaration universelle des droits humains, devrait selon elle ouvrir la voie à un droit de s'installer où l'on souhaite. Elle raconte avoir reçu, sur les réseaux sociaux, une « community note » lui rappelant que ce texte ne garantit pas un droit automatique d'installation, mais seulement celui de quitter et de réintégrer son propre pays. L'autrice reconnaît la nuance juridique, tout en défendant l'idée que ce principe devrait, selon elle, pouvoir être étendu. La journaliste s'appuie sur une enquête Ipsos BVA pour Le Monde, publiée en amont des municipales, montrant que l'immigration a supplanté l'écologie parmi les préoccupations des Français, reléguée à la huitième place alors qu'elle figurait au troisième rang en 2020. Elle cite également une étude de deux chercheurs relayée par Alternatives économiques, selon laquelle les territoires où l'extrême droite obtient ses meilleurs scores sont souvent ceux où la présence immigrée est la plus faible. Ce qui, selon elle, contredit l'idée d'un rejet fondé sur une coexistence réelle. Rokhaya Diallo affirme que malgré une vingtaine de réformes du droit des étrangers depuis 1980, aucune loi n'empêche véritablement la migration lorsque ses causes sont structurelles, comme les guerres, l'instabilité, l'effondrement économique. Elle soutient que la fermeture des voies légales pousse les personnes migrantes vers des itinéraires plus longs et plus dangereux, augmentant leur recours aux passeurs et leur vulnérabilité, sans réduire les flux eux-mêmes. La chronique s'en prend également à un discours qu'elle juge tout aussi problématique à gauche, celui présentant l'immigration comme une réponse utile à la dénatalité ou au financement des retraites. Pour l'autrice, réduire les personnes migrantes à leur utilité économique relève d'une forme de déshumanisation, qu'elle rapproche de la logique extractiviste ayant historiquement organisé la domination occidentale sur le reste du monde. Rokhaya Diallo oppose enfin le sort réservé aux migrants venus de pays pauvres à celui des « expatriés » occidentaux, ces derniers bénéficiant d'une liberté de circulation quasi universelle quand les ressortissants de pays plus modestes se heurtent à des restrictions sévères. Elle rappelle que la majorité des migrations internationales s'effectuent en réalité entre pays du Sud, contredisant selon elle l'idée d'une menace migratoire pesant sur les pays riches. Elle conclut en pointant la contradiction entre l'implantation durable d'entreprises européennes, notamment françaises, dans d'anciennes colonies africaines — citant l'exemple du groupe Bolloré — et la fermeté opposée aux ressortissants de ces mêmes pays, signe selon elle que la liberté de circulation profite avant tout aux capitaux plutôt qu'aux personnes.

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