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Senegal: AI Governance and State Investment in Technology

Senegal·Wire Summary⏱️ 4 min read

L’Intelligence artificielle (Ia) est décidément au cœur de nos existences. C’est un outil auquel nous ne pouvons pas échapper : on le retrouve dans tous les domaines de la vie sociale ; toutes nos activités seront sans doute chambardées et menacées par cette nouvelle technologie. Les Etats dits puissants (encore faut-il définir la notion de puissance dans un monde où règne désormais ce que Bertrand Badie appelle l’«impuissance de la puissance») savent que cette dernière est le présent et l’avenir, que la maîtrise de ses prouesses sera un atout décisif pour croiser le fer avec leurs ennemis dans un monde déréglé ; aussi décident-ils d’investir massivement pour dominer le monde de l’Ia. Il n’y aura de souveraineté que construite par cette technologie. Pratiquer la politique de l’autruche est suicidaire : l’«Iapocalypse» est un possible. L’Ia est donc partout. Même dans la littérature. Les livres écrits par des Ia, qui ne sont pas si médiocres, se glissent dans nos lectures sans que nous soyons à même de les reconnaître et de les conjurer. Les écrivains robotisés et les vrais écrivains se disputent le même lectorat : les textes de ceux-là ne sont pas si différents des textes de ceux-ci. Tout le monde peut écrire, et l’écriture n’est plus une «aristocratie de l’esprit». L’affaire Thélyson Orélien, un écrivain québécois d’origine haïtienne de 38 ans, est venue nous rappeler que la littérature, surtout le roman, est menacée par cette technologie dont les capacités nous échappent à ce jour, et à laquelle nous sommes incapables de donner des limites. Je flânais sur le réseau dit social X quand ce compte anonyme derrière lequel se cachait un homme de droite et chroniqueur au Figaro, «Balance ton Claude», a ouvert les hostilités contre C’était ça ou mourir. Il est curieux de voir à quel point la publication est devenue virale en quelques heures : les «je le savais» pullulent et tous les critiques littéraires amateurs, qui sont en grande partie de mauvais lecteurs au sens de Dany Laferrière, dans «Eloge de la lecture», parce qu’ils parlent de livres qu’ils n’ont pas lus, s’affranchissent du poids de l’«illégitimité culturelle», et déversent leur bile sur l’écrivain : «C’est un faussaire qui a écrit son roman grâce à l’Intelligence artificielle.» La campagne de dénigrement est en branle. Les journaux avides de sensationnalisme -Le Monde, Le Parisien, Le Nouvel Obs, Le Point, que sais-je encore- se saisissent de l’affaire, multiplient les articles et se demandent : «Orélien a-t-il écrit son roman grâce à l’Ia ?» Mais le supplice du jeune écrivain ne venait que de commencer : quelques jours après l’Ia, surgissent des accusations de plagiat dans d’autres textes. Les accusateurs, qui se présentent parfois comme des experts à l’érudition joyeuse et dont la mission consiste à «débusquer les impostures intellectuelles», exhument pardessus tout ses chroniques parues dans plusieurs journaux, et dans lesquelles il pillerait d’autres textes (Alain Frachon du Monde, chroniqueur réputé dont les analyses sur l’actualité internationale sont précieuses, n’a-t-il pas écrit, dans l’avant-propos d’Un autre monde. L’ère des dictateurs, que le chroniqueur est un parasite qui pille articles des journalistes et livres savants ?). Ses productions littéraires antérieures aussi ont été passées au crible par les inquisiteurs de la Toile. Résultat : tous ses textes sont le fruit de plagiats et il ne sait pas écrire par lui-même ; le verdict est sans appel, et nous ne savons pas ce qu’ils appellent plagiat en littérature (le grand livre de Mohamed Mbougar Sarr, La Plus secrète mémoire des hommes, est aussi une réflexion puissante sur ce que signifie la notion de plagiat en littérature : et si toute l’histoire de la littérature n’était qu’une suite de plagiats ? L’écrivain Pascal Bruckner, membre de l’Académie Goncourt, a récemment écrit à juste titre dans un article paru au Point, «Affaire Thélyson Orélien : et si l’Ia était la vraie plagiaire ?» : «Ecrire, c’est lir

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