Senegal Accelerates Energy Transition, Discusses Policy
Avec un plan d’investissement de 2,5 milliards d’euros et l’ambition de porter à 40 % la part des énergies renouvelables dans la capacité installée d’ici 2030, le Sénégal accélère son virage énergétique. Réunis hier, mardi 22 septembre, à Dakar, les acteurs ont toutefois insisté sur le financement, le renforcement des capacités locales et l’adhésion des populations. Le Sénégal veut accélérer sa transition énergétique tout en veillant à ses retombées économiques et sociales. C’est l’objectif de l’atelier régional de vulgarisation consacré à la transition énergétique juste, organisé à Dakar par le ministère de l’Énergie et du Pétrole, en partenariat avec la coopération allemande (GIZ) et Power Africa. La rencontre a réuni collectivités territoriales, entreprises, société civile, organisations de jeunesse et chercheurs, autour de la nécessité de faire de la sortie progressive des énergies fossiles un projet partagé. Selon Fatou Mbow Ly, directrice de la Transition énergétique au ministère de l’Énergie et du Pétrole, « les énergies fossiles représentent encore plus de 60 % de la consommation mondiale ». Elle a également rappelé que plus de 700 millions de personnes restent privées d’électricité dans le monde, soulignant ainsi les fortes inégalités d’accès à l’énergie. Au Sénégal, la stratégie nationale vise à « garantir un accès universel à une énergie fiable, moderne et abordable ». Elle repose notamment surla diversification des sources renouvelables et l’optimisation des réseaux de transport et de distribution. 2,5 MILLIARDS D’EUROS D’INVESTISSEMENTS Le plan d’investissement, finalisé en mai 2025, décline cette stratégie en 34 projets, dont 11 prioritaires et à fort impact, notamment dans l’efficacité énergétique des bâtiments publics. L’enveloppe globale atteint environ 2,5 milliards d’euros, comprenant près de 176 millions d’euros de subventions directes et quelque 600 millions d’euros consacrés à l’assistance technique et aux appuis complémentaires. Le Sénégal ambitionne ainsi de porter à 40 % la part des renouvelables dans sa capacité installée à l’horizon 2030, avec le solaire et l’éolien comme principales filières. UN ENJEU AUSSI TERRITORIAL Pour les participants, la transition ne peut toutefois se limiter aux investissements et aux objectifs de production. Elle doit tenir compte des réalités des territoires et des conditions de vie des populations. L’adjointe au gouverneur de Dakar a notamment cité le développement du Bus Rapid Transit (BRT) électrique, inscrit dans une dynamique de transport urbain plus sobre et durable. La réduction des disparités entre zones urbaines et rurales demeure également un chantier important. De son côté, la GIZ met l’accent sur la sensibilisation. L’institution accompagne la mise en œuvre d’une stratégie nationale destinée à favoriser l’adhésion des populations. Les jeunes et les femmes figurent parmi les publics prioritaires, notamment pour l’accès aux emplois et aux nouvelles filières vertes. LE FINANCEMENT, PRINCIPAL DÉFI La mobilisation effective des financements reste un défi majeur. Les participants insistent également sur le renforcement des capacités locales afin de monter des projets solides et bancables capables d’attirer les investisseurs. Le secteur privé sénégalais est appelé à jouer un rôle croissant aux côtés de l’État et des partenaires techniques et financiers. L’enjeu est désormais de traduire les objectifs nationaux en projets concrets dans les territoires. Une condition jugée indispensable pour faire de la transition énergétique, selon les termes de l’adjointe au gouverneur de Dakar, « une responsabilité partagée par tous ».
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