Senegal Government Faces Scrutiny Over ASER Contract Payment Controversy
Dans la loi de finances rectificative que le gouvernement vient de déposer à l’Assemblée nationale figure la reconduction d’un décaissement de 1,5 milliard de francs CFA attendu de la banque Santander. Ce montant correspond très exactement à la facture que réclame AEE Power EPC, une entreprise qui a encaissé 37 milliards d’avance sans engager de travaux. Au Sénégal, on continue donc de vouloir payer celui qui n’a pas travaillé. Le gouvernement envisagerait-il d’enrichir, de nouveau et en toute conscience, des acteurs épinglés pour leur faillite manifeste ? La question paraît brutale. Ce sont pourtant les documents budgétaires de l’État qui la posent. Alors que nos villes ploient sous l’angoisse des délestages et que des centaines de villages attendent désespérément la lumière promise, l’État semble avoir une autre priorité, celle de sauver les intérêts financiers de l’entreprise AEE Power EPC et de son représentant, José. Ce dossier n’est pas un simple accident de gestion. C’est un test de vérité. Le pouvoir actuel s’est fait élire sur la promesse de la rupture, de la transparence et de la reddition des comptes. Jub, Jubal, Jubbanti. Sur l’ASER, c’est l’inverse qui se produit sous nos yeux. Un marché dont la faillite est documentée depuis deux ans se trouve aujourd’hui ménagé, et presque défendu, par ceux-là mêmes qui avaient promis de ne plus rien laisser passer. Le budget national utilisé comme cheval de Troie L’entêtement du régime à vouloir honorer une prétendue facture, agitée à maintes reprises par José et ses soutiens, confine à l’indécence. La dernière manœuvre en date se trouve dissimulée dans la loi de finances rectificative (LFR). Il s’agit de la reconduction d’un décaissement de 1,5 milliard de francs CFA espéré de la banque Santander. Ce montant correspond très exactement à la fameuse facture exigée par AEE Power EPC. À lire aussi : Comment le projet Aser-Aee Power a été plombé Qu’on mesure bien le contexte. Cette LFR est celle d’un État sous tension, qui creuse son déficit, rabote l’investissement public et demande des efforts aux ménages face à la flambée du coût de l’énergie. Dans ce texte de rigueur, on trouve pourtant la place de préserver le financement d’un marché dont l’échec est établi. Et il faut dire aux Sénégalais qu’un décaissement de Santander n’est pas un don. C’est un prêt. Chaque franc tiré sur cette ligne, c’est le contribuable sénégalais qui le remboursera, intérêts compris. La logique du gouvernement est accablante de cynisme. Il s’agit de payer, encore une fois, celui qui n’a pas travaillé, et de présenter l’addition à ceux qui attendent toujours la lumière. Cette fable d’une facture due n’est rien d’autre qu’une manœuvre de diversion grossière, destinée à justifier la non-exécution d’un marché qui a pourtant englouti des sommes colossales. Un naufrage connu au plus haut sommet de l’État Personne au sommet de l’État ne peut plaider l’ignorance. Dès le 26 août 2024, le ministère de l’Énergie a formellement signalé au Premier ministre qu’AEE Power EPC n’avait engagé absolument aucun travail sur le terrain, en dépit d’une avance vertigineuse de 37 milliards de francs CFA déjà encaissée. Le gouvernement savait. Il sait toujours. Et en deux ans, savoir ne l’a conduit à rien d’autre qu’à attendre. Depuis, les soupçons initiaux se sont mués en présomptions suffisamment sérieuses pour que le Pool judiciaire financier ouvre une information judiciaire, notamment pour corruption et blanchiment de capitaux. La justice dira qui est responsable de quoi, et chacun reste présumé innocent. Mais pendant qu’elle avance à son rythme, des centaines de villages demeurent plongés dans l’obscurité, otages d’un marché détourné de sa vocation première. Chaque mois perdu y est un mois de plus sans éclairage public, sans froid pour conserver les médicaments et les récoltes, sans activité possible une fois la nuit tombée. La démission coupable de l’administration Aujourd’hui, le ministère de l’Énergie et l’Agence sénégala
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