
Niger Hosts 10th African Innovation Fair on Intellectual Property
La 10è édition du Salon Africain de l’Invention et de l’Entreprise Innovante (SAIIT) s’est ouverte hier, lundi 5 Octobre 2026, au Centre International de Conférences Mahatma Gandhi de Niamey. Organisée par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) et son répondant national, l’Agence Nationale de la Propriété Industrielle et de la Promotion de l’Innovation (ANPIPI), cette édition est placée sous le thème de la propriété intellectuelle et du financement des PME innovantes. Le message porté est clair : l’Afrique ne veut plus être un continent qui « exporte brut et importe breveté ». Elle veut transformer ses idées en usines. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre des Transports et de l’Aviation Civile, le Colonel-major Abdourahamane Amadou, représentant le Premier ministre. Durant trois jours, les participants découvriront, à travers les stands et les panels, des solutions endogènes dans plusieurs domaines : agriculture durable avec des biopesticides et fertilisants biologiques, santé avec des phyto-médicaments et dispositifs médicaux connectés, accès à l’eau potable avec des bio-filtres autonomes, et numérique avec des systèmes d’accès internet haut débit mutualisé. L’édition est placée sous le signe de la souveraineté technologique comme moteur de la souveraineté économique. Pour le ministre des Transports, représentant le Premier ministre, accueillir le SAIIT au Niger n’est pas un simple rendez-vous scientifique ou commercial, c’est un acte de foi politique et stratégique dans le destin industriel de l’Afrique. Il a posé la conviction fondamentale du Gouvernement, pour qui il n’y a point de souveraineté politique durable sans souveraineté économique, et il n’y a point de souveraineté économique sans maîtrise de la science, de la technologie et de l’innovation. Le cœur de son message a porté sur la propriété intellectuelle qui, a-t-il dit, doit être perçue comme un bouclier de souveraineté et un levier direct de création de richesse nationale. « Protéger un brevet, un modèle d’utilité ou une indication géographique, c’est garantir que la valeur ajoutée née de l’intelligence de nos filles et fils reste en Afrique pour irriguer nos industries. Mais protéger ne suffit pas, il faut financer », a-t-il estimé. Il a dénoncé le fossé qui sépare encore les banques africaines de l’économie de la connaissance. « Nos institutions financières fonctionnent avec des paradigmes hérités d’une époque révolue en exigeant des garanties matérielles classiques, tout en ignorant la valeur des actifs immatériels. Il est paradoxal de déplorer la faiblesse des PME innovantes tout en refusant de reconnaître la valeur économique du brevet qu’elles détiennent. Il faut donc bâtir des mécanismes juridiques et financiers capables de transformer le savoir en puissance industrielle » a-t-il déclaré. S’adressant aux inventeurs, il a soutenu que leurs découvertes dans l’agroalimentaire, les énergies renouvelables, les technologies médicales et les solutions industrielles sont les instruments stratégiques de notre liberté économique, avec une mention spéciale pour les jeunes et les femmes. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Abdoulaye Saidou, a, pour sa part, inscrit cette 10è édition au cœur du Programme pour la Refondation de la République, notamment l’Axe 3 dédié au développement des bases de production pour la souveraineté économique. Pour lui, le Niger rompt définitivement avec le modèle extractif passif qui cantonne le pays à exporter des matières premières brutes pour importer des technologies brevetées. L’industrialisation ne se décrète pas, elle se construit par l’appropriation technologique et la transformation de la recherche en unités de production. Abordant le thème du salon, il a souligné qu’il touche au paradoxe historique du génie africain, à savoir une créativité remarquable, mais une incapacité à franchir la vallée de la mort entre le prototype de laboratoire et le marché de masse, parce que les ban
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