
Cameroon: Minister Alamine Ousmane Mey Faces Scrutiny Over Journalists' Arrests
Rechercher A A A Suivez Actu Cameroun sur Google Résumer Ecouter Commenter Publicité Selon l’universitaire et homme politique, le ministre n’a pas seulement commis « une erreur d’appréciation. Il a porté atteinte à une corporation entière ». Lire ici sa tribune : Il y a des jours où une profession entière devrait déposer ses outils. Non par caprice. Non par colère. Mais par dignité. Aujourd’hui, les journalistes du Cameroun ont été humiliés. Humiliés non par un débat, non par une critique, non par une contradiction — ce qui fait partie de la vie démocratique — mais par un acte d’une absurdité telle qu’il interroge la solidité même de nos institutions : faire arrêter quatre journalistes pour le prétendu vol d’une paire de lunettes, retrouvée ensuite dans la voiture de celui qui les accusait. Ce n’est pas une anecdote. Ce n’est pas un incident. C’est un symptôme. Un symptôme de ce que devient un État lorsqu’un ministre oublie que son autorité n’est pas un privilège personnel, mais une charge publique. Un symptôme de ce que devient une administration lorsqu’elle confond la puissance de l’État avec les émotions d’un homme. Un symptôme de ce que devient une République lorsqu’elle laisse la force remplacer la raison. Le Ministre Alamine Ousmane Mey n’a pas seulement commis une erreur d’appréciation. Il a porté atteinte à une corporation entière. Et une corporation, ce n’est pas un groupe d’individus : c’est une institution sociale, un pouvoir de vigilance, un contre‑poids démocratique, un bien commun. Les journalistes ne sont pas des sujets. Ils ne sont pas des subalternes. Ils ne sont pas des accessoires. Ils sont les gardiens de la parole publique, les témoins du réel, les artisans de la transparence. Les arrêter pour une paire de lunettes, puis découvrir que ces lunettes étaient dans la voiture du plaignant, c’est infliger à la presse une humiliation que rien ne justifie. C’est exposer l’État à la dérision. C’est fragiliser la confiance publique. C’est abîmer l’image du Cameroun. Dans un pays où un journaliste — Martinez Zogo — a été enlevé, torturé et assassiné, où la presse vit sous tension, où les mots peuvent coûter la vie, on ne joue pas avec la liberté des journalistes. On ne les arrête pas pour un objet perdu. On ne les enferme pas pour un caprice. On ne les humilie pas pour un malentendu. Ceux qui sont en cellule devraient refuser de sortir sans excuses officielles. Non par orgueil. Non par provocation. Mais pour rappeler à l’État que la liberté de la presse n’est pas négociable. Qu’elle n’est pas un cadeau. Qu’elle n’est pas une faveur. Qu’elle est un pilier de la République. Le Ministre Alamine Ousmane Mey doit s’expliquer. Il doit reconnaître l’erreur. Il doit réparer l’humiliation. Il doit restaurer la confiance. Car un ministre n’est pas seulement responsable de ses actes : il est responsable de l’exemple qu’il donne. La presse camerounaise a été blessée. Elle a été humiliée. Elle a été traitée comme un corps sans dignité. Mais elle peut, aujourd’hui, redevenir une corporation : unie, solidaire, debout, refusant que l’on touche à l’un de ses membres sans que tous ne se lèvent. La République ne se défend pas seulement dans les tribunaux. Elle se défend dans les gestes. Dans les symboles. Dans les excuses. Dans la reconnaissance des fautes. Aujourd’hui, c’est au Ministre de parler. Et c’est à la presse de se tenir debout. Professeur Vincent Sosthène Fouda Soyez le premier à commenter cet article Partagez votre avis dans les commentaires ci-dessous Commentaires Chargement des commentaires... Vos nom et email seront mémorisés pour vos prochains commentaires.
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