Attorney Questions Minister's Role in Cameroon Regulatory Oversight
Rechercher A A A Suivez Actu Cameroun sur Google Résumer Ecouter Commenter Publicité Dans une lettre ouverte au ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, l’avocate au Barreau de Paris et conseil de la famille de Martinez Zogo, s’interroge depuis quand, « le ministre de la Communication s’érige-t-il en juge d’appel du régulateur ? » Lire ici sa lettre : « Monsieur le Ministre, Il est des lettres que l’on écrit avec joie, et d’autres que l’on écrit la main lourde, non de crainte, mais de chagrin. Celle-ci appartient à la seconde espèce. J’ai écrit publiquement, il y a peu, que je voyais en vous un grand commis de l’État. Je vous prêtais cette retenue des hommes qui savent que la République ne leur appartient pas, cette hauteur qui distingue l’homme d’État du simple titulaire d’un portefeuille. Je ne retire pas ces mots par humeur. Je les retire parce que vous les avez vous-même démentis, de votre propre plume, le 2 octobre 2026. Ce jour-là, par une lettre adressée à la Directrice générale de Canal+ Cameroun, vous avez demandé que soit rétabli « sans délai » le signal de Vision 4, trois jours à peine après que le Conseil national de la communication eut suspendu cette chaîne pour un mois. Vous avez invoqué l’équilibre de l’espace médiatique, les emplois, l’économie nationale. Ce sont de grands mots. Ce sont surtout des mots-paravents. Je dois à la loyauté de dire demblée que la sanction du régulateur visait un reportage consacré à ma personne. Je n’écris donc pas en spectatrice. Mais je n’écris pas pour moi. J’écris pour une famille qui, depuis l’assassinat de Martinez Zogo, attend que l’État se tienne debout. J’écris pour une institution, le CNC, dont vous venez de ravaler l’autorité au rang de formalité. J’écris pour ceux qui, dans ce pays, croient encore que la loi est la même pour tous. Depuis quand, Monsieur le Ministre, le ministre de la Communication s’érige-t-il en juge d’appel du régulateur ? Si le juge administratif a été saisi, laissez au juge son office. Un ministre de la République n’a pas vocation à se faire le coursier d’une chaîne privée auprès de son distributeur. Et si la presse dit vrai lorsqu’elle rapporte qu’une seconde lettre, le même jour, exigeait au contraire le respect des sanctions du CNC, alors il faut le dire sans détour : deux courriers, une seule signature, deux vérités. Or la vérité, Monsieur le Ministre, n’a pas de contraire. Car il y a ce que vos courriers disent, et il y a ce qu’ils taisent. Ils taisent que Vision 4 appartient à M. Jean-Pierre Amougou Belinga, aujourd’hui principal accusé devant le Tribunal militaire de Yaoundé dans le procès de l’assassinat d’un journaliste. Ils taisent la proximité, connue de tous, qui vous lie à cet homme. Ils taisent enfin que M. Ombwa, directeur au sein de votre propre département et intime de ce même homme, est, selon les informations dont je dispose, à l’origine du courrier adressé à Canal+. Quand l’amitié d’un ministre et l’entregent d’un directeur se conjuguent pour servir la cause d’un homme poursuivi pour un crime de sang, comment cela s’appelle-t-il ? La pudeur administrative se refuse à le nommer. Je le nommerai donc pour vous : c’est une corruption qui ne dit pas son nom. Non point nécessairement celle des enveloppes, mais celle, plus insidieuse et plus grave, qui corrompt le sens de l’État, qui fait plier l’intérêt général devant la fidélité de clan, qui transforme un ministère en salon d’amis. Ne nous parlez pas de liberté d’expression. Elle mérite mieux que d’être brandie comme un bouclier par ceux qui la servent si peu. La liberté de la presse, Monsieur le Ministre, Martinez Zogo l’a payée de sa vie. C’est elle que vous offensez lorsque vous prêtez l
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