
Togo Health Minister Warns on Energy Drink Dangers
Le ministre en charge de la Santé, Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi, a publié, le 5 août 2026, un communiqué alertant sur les dangers de la consommation abusive de boissons énergisantes, de liqueurs artisanales échappant à tout contrôle sanitaire, et de médicaments psychoactifs détournés de leur usage. Le constat posé est juste : ces pratiques fragilisent le cœur, le foie, les reins et le cerveau, et pèsent lourdement sur la santé publique comme sur léconomie des familles. Sur le fond, personne ne contestera la pertinence de lalerte. Cest sur la méthode que le bât blesse. Avertir ne suffit pas quand le produit reste en libre accès Le texte du ministère se conclut par une série de recommandations adressées à la jeunesse : boire de leau, manger des fruits et légumes, éviter les substances nocives, rechercher un mode de vie équilibré. Des conseils dignes dun magazine de bien-être. Mais nulle part le communiqué névoque de mesure contraignante à légard des produits eux-mêmes. Ni contrôle renforcé aux frontières, ni interdiction de vente, ni encadrement de la publicité. Le message final revient à demander aux jeunes de résister seuls à une offre que rien, structurellement, ne vient limiter. Sant trop exagérer, on pourrait comparer ce message aux notices qu’on retrouve sur les paquets des cigarettes : « nuit gravement à la santé », imprimées bien en évidence, mais qui n’empêche sa vente. Pareil pour lalcool et son éternel « à consommer avec modération » : la formule rassure la conscience collective sans jamais gêner le chiffre daffaires. Le communiqué du ministère togolais sinscrit, quil le veuille ou non, dans ce même registre. Avertir sans interdire, déplacer la responsabilité vers le consommateur plutôt que vers la chaîne dapprovisionnement. Un contraste que beaucoup de citoyens relèvent Sur le terrain, le contraste est frappant. Ces boissons, souvent de composition douteuse, se trouvent aujourdhui dans la quasi-totalité des marchés et des boutiques du pays, et de nouvelles marques apparaîtraient régulièrement. Elles occupent également une place de choix sur les panneaux publicitaires de Lomé et dautres villes du pays. Un tel niveau de diffusion et de visibilité commerciale ne va pas sans poser la question des circuits dimportation et des intérêts économiques qui les sous-tendent. Sur ce point, des accusations circulent régulièrement dans lopinion publique, évoquant lexistence de réseaux dimportation bénéficiant dune forme de protection du pouvoir. Ces allégations, à ce jour, nont fait lobjet daucune enquête publique documentée ; elles méritent dêtre traitées avec prudence, mais leur récurrence dans le débat public illustre à quel point labsence de mesures concrètes nourrit le soupçon, à défaut de preuve. Le vrai enjeu : la régulation, pas seulement la prévention La prévention par la sensibilisation a sa place, mais elle ne peut constituer, à elle seule, une politique de santé publique face à un phénomène de cette ampleur. Dautres pays confrontés à des problématiques similaires ont opté pour des mesures plus fermes : encadrement de la teneur en caféine et en sucre, restrictions de vente aux mineurs, limitation de la publicité, voire interdiction pure et simple de certaines catégories de produits. Rien, dans le communiqué du 5 août, ne laisse entrevoir une telle orientation. Il y a enfin une dimension sociale que le texte naborde pas : une partie de la jeunesse togolaise, confrontée au chômage et à un horizon économique incertain, trouve dans ces boissons un exutoire facile daccès et bon marché. Tant que cette réalité sociale ne sera pas prise en compte au même titre que la réglementation du marché, les appels à la responsabilité individuelle resteront, pour beaucoup, des mots sans prise sur le réel.
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