Senegalese Attorney Denounces Political Clientelism in Public Appointments
Le clientélisme a la peau dure au Sénégal. Et le « Jub, Jubal, Jubbanti » porté par le Pastef n’a pas vraiment été appliqué comme on aurait pu le souhaiter. D’Abdou Diouf à Bassirou Diomaye Faye, en passant par Abdoulaye Wade et Macky Sall, presque tous les régimes politiques qui se sont succédé à la tête du Sénégal se sont évertués à recaser des proches à des postes de responsabilité, pas forcément sur la base des qualifications requises, mais souvent au nom du copinage. Une pratique que dénonce l’avocat Me Mame Adama Guèye, acteur de la société civile et membre de Sursaut citoyen. « L’accès aux emplois publics ne doit pas être un instrument de clientélisme politique. On a vu ici des personnes nommées à des responsabilités alors qu’elles n’ont absolument pas les qualifications. Pourquoi ? Parce qu’elles sont membres du parti ou proches des décideurs qui sont au pouvoir. Ça, ce n’est pas acceptable. C’est un détournement de pouvoir », s’indigne Me Mame Adama Guèye. « Il n’y a pas de raison que des citoyens, parce qu’ils sont dans des partis politiques, aient plus d’avantages que d’autres citoyens qui sont des Sénégalais comme eux et qui sont peut-être plus compétents ou plus intègres. Ça ne veut pas dire que ceux qui sont dans les partis politiques ne peuvent pas accéder à des postes de responsabilité s’ils sont compétents et intègres. Ça ne veut pas dire ça. Mais le principe de l’appel à candidatures, c’est que c’est ouvert à tout le monde. » Très critique à l’égard de la gouvernance du pays, notamment des recrutements effectués par le nouveau régime en place depuis le 24 mars 2024, Me Mame Adama Guèye estime que certaines nominations semblent privilégier les membres ou les proches du parti au pouvoir. Selon lui, cette pratique est contraire aux recommandations du Pacte national de bonne gouvernance démocratique, initié par Sursaut citoyen et signé par presque tous les candidats à la dernière élection présidentielle, y compris l’actuel président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Me Mame Adama Guèye estime que le chef de l’État peine aujourd’hui à appliquer les engagements pris dans ce cadre et ne semble pas manifester suffisamment d’intérêt ou de volonté pour leur mise en œuvre. L’avocat s’exprimait lors d’une conférence de presse de Sursaut citoyen à Dakar, organisée dans le contexte du projet de modification constitutionnelle porté par le pouvoir. Une situation qui, selon lui, illustre également les tensions apparues entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, pourtant issus de la même formation politique, Pastef-Les Patriotes. Suivez dans cette vidéo l’intervention de Me Mame Adama Guèye, aux côtés de ses camarades de la société civile.
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