Senegal Faces Debt Repayment Deadline on Total Return Swaps
(SenePlus) - Trois cents millions d'euros à rembourser en deux jours si un mécanisme contractuel venait à s'enclencher. C'est le risque immédiat que fait courir au Sénégal l'un des produits dérivés utilisés pour financer sa dette, à la faveur des dégradations de note des dernières semaines. Le journaliste Joseph Cotterill le détaille dans un article publié ce 9 septembre 2026 dans le Financial Times. Après avoir annoncé la semaine dernière un « plan de traitement » de sa dette extérieure, assorti d'un projet de renflouement du FMI à 2,2 milliards de dollars, Dakar a précisé qu'il continuerait pour l'instant d'honorer ses échéances extérieures, dont un coupon obligataire attendu le 13 septembre, rapporte le Financial Times. La dette domestique, libellée en francs CFA arrimés à l'euro, reste exclue de toute restructuration, sans que l'on sache, selon le journal, comment seront classés plus d'un milliard d'euros empruntés via des total return swaps, ces produits dérivés par lesquels des banques internationales ont prêté des devises fortes contre des obligations domestiques en garantie. C'est précisément ce flou qui inquiète les agences de notation. S&P Global, qui a abaissé vendredi la note du Sénégal à CC et jugé le défaut « quasi certain », a averti que ces swaps, adossés selon elle à de la dette en francs CFA, pourraient « brouiller la frontière » entre exposition domestique et extérieure et compliquer la restructuration, cite le Financial Times. Moody's avait fait la même observation en dégradant le pays à Caa2 le 28 août. Le Financial Times révèle que ce risque n'a rien de théorique pour l'un des contrats en cours. Un swap de 300 millions d'euros conclu en juin 2025 avec la banque First Abu Dhabi Bank (FAB) prévoit son remboursement anticipé si le Sénégal perd des notes minimales de CCC+ chez S&P ou Caa1 chez Moody's. Un seuil que le pays vient de franchir à la baisse dans les deux cas. Selon les termes du contrat consultés par le journal britannique, FAB doit notifier Dakar de cette perte de notation, ouvrant une période de consultation de 20 jours ouvrés pour tenter de restructurer le swap ; à défaut d'accord, FAB peut alors exiger le remboursement des 300 millions d'euros sous 48 heures. Une somme que le Sénégal ne pourrait lever dans l'urgence que sur le marché régional, déjà mis à contribution pour d'autres besoins de financement, selon le Financial Times. Sollicités par le journal, le ministère des Finances n'a pas répondu, tandis que FAB a répondu ne pas commenter ses relations avec ses clients. Le Financial Times souligne en outre que l'on ignore presque tout des autres total return swaps sénégalais. Celui conclu avec l'Africa Finance Corporation ne comporte pas de clause de notation minimale, mais prévoit un remboursement en cas de défaut sur un swap distinct conclu avec Société Générale, dont les termes restent, eux, largement inconnus. Des députés ont voté l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur ces emprunts, avec audition des conseils ayant monté ces opérations, rappelle le journal, qui conclut qu'au rythme où vont les événements, les députés auraient intérêt à l'accélérer.
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