Mesdames Et Messieurs, Être Un Élu Ne Vous Donne Pas Un Chèque En Blanc - Mame Adama Gueye Aux Politiques
What Happened
Me Mame Adama Guèye rappelle une évidence : être élu ne signifie pas disposer d’un chèque en blanc. Pour lui, chaque citoyen, y compris celui qui ne vote pas, conserve ses droits et doit pouvoir demander des comptes aux politiques. La démocratie représentative doit rester une démocratie citoyenne, fondée sur la vigilance et la redevabilité. Si la démocratie est considérée comme le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, cela devrait impliquer une participation active des citoyens à l’action publique. Mais, dans les démocraties représentatives, certains élus ont tendance à croire qu’une fois élus, ils disposent d’un quitus pour parler en tout temps et en tout lieu au nom des citoyens, en prenant soin d’exclure ces derniers du processus de décision. C’est surtout cette propension des responsables politiques à se persuader qu’ils ont le droit de faire ce qu’ils veulent sans avoir à rendre compte au peuple, auquel appartient la souveraineté, que dénonce Me Mame Adama Guèye. « Les politiques s’accaparent nos droits, prétendent parler en notre nom de manière permanente. C’est notre vigilance quotidienne, notre exigence en termes d’obligation de rendre compte, en termes de redevabilité vis-à-vis des élus. Il faut sacraliser cela dans la Constitution, rappeler que le fait d’être élu ne dispense pas de l’obligation de consulter et de rendre compte, le principe de redevabilité des élus par rapport aux citoyens qui sont les mandants. » L’attitude du Pastef, récemment, à travers son chef de file, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, illustre fort bien ce sentiment de toute-puissance des responsables politiques que dénonce Me Mame Adama Guèye. En effet, dans son bras de fer avec le président de la République et ancien camarade de parti, le Pastef avait concocté, avec ses lieutenants au sein du parti, une modification de la Constitution qui contient sans doute des aspects positifs pour le pays, mais qui a été élaborée à l’exclusion de l’ensemble des forces vives de la nation. Cela semblait davantage relever d’une volonté de revanche et de confrontation avec le président de la République, qui l’avait congédié de son poste de Premier ministre, que d’une volonté de servir l’intérêt national. En réaction à cette démarche, qui, selon ses détracteurs, violait les procédures en la matière, le président de la République a saisi le Conseil constitutionnel, qui a finalement récusé la méthode utilisée par le Pastef. C’est cet épisode qui a motivé la conférence de presse tenue ce mercredi 12 août à Dakar, à l’initiative de la société civile, en l’occurrence Sursaut citoyen, initiateur du Pacte national de bonne gouvernance, dont Me Mame Adama Guèye est membre. Répondant à une question sur le risque de détournement de la représentation citoyenne, Me Mame Adama Guèye a dénoncé le comportement de certains élus qui se croient tout permis au nom de la légalité dont ils se prévalent. Il invite les citoyens à rester vigilants et à ne pas laisser les responsables politiques profiter de leur passivité. Il insiste notamment sur la nécessité de réaffirmer les principes de démocratie participative et de redevabilité des élus. « La démocratie représentative n’est pas un chèque en blanc. Elle n’est pas contraire à la démocratie citoyenne, à la démocratie participative. » Suivez l’intervention de Me Mame Adama Guèye dans cette vidéo.
Practical Implications
Lawyers and compliance officers in Senegal should take note of Me Mame Adama Guèye's call for increased citizen participation and accountability in democratic representation, as this may have implications for the interpretation and application of relevant laws and regulations.
Source
Source: Original reporting via SenePlus
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