Ebola, la RDC face à une flambée sans précédent depuis mai
(SenePlus) - Invité de l'émission « Soir d'Info » diffusée ce mardi 4 août 2026 sur la télévision Futurs Média (TFM), Abdou Fouta Diakhoumpa, inspecteur du travail à la retraite et formateur à l'École nationale d'administration (ENA), s'est exprimé longuement sur la controverse suscitée par les propos du ministre de la Fonction publique, Mamadou Amine Dianté. Celui-ci avait annoncé l'envoi de demandes d'explication aux agents publics absents de leur poste le lendemain du Magal de Touba, jour qui n'est pourtant pas férié. Selon l'ancien inspecteur du travail, le ministre n'a fait qu'exercer une prérogative qui relève de sa fonction. « On ne saurait le lui reprocher », a-t-il affirmé, rappelant que le ministre joue en quelque sorte le rôle de directeur des ressources humaines de l'ensemble de l'administration publique et se doit, à ce titre, de montrer l'exemple en matière d'assiduité. Il a toutefois noté que la particularité de ce dossier tient moins au contrôle lui-même, habituellement effectué en interne par les directeurs, qu'à sa médiatisation inédite. L'invité y voit surtout l'amorce d'une réflexion plus large sur la gestion des lendemains de grandes fêtes religieuses au Sénégal, un sujet qu'il avait déjà abordé en 2023 au sujet de la Tabaski. Il pointe notamment les difficultés de transport liées au retour massif des populations vers Dakar après le Magal, ainsi qu'un facteur sociologique : la volonté de nombreux Sénégalais de prolonger les retrouvailles familiales à Touba. Trois pistes pour résoudre le problème et un Code du travail toujours en attente Interrogé plus largement sur le rapport des Sénégalais au travail, Diakhoumpa a reconnu que le pays figure parmi les moins performants en matière de productivité, un constat qu'il attribue en partie à un calendrier social particulièrement chargé. Il relève ainsi que le Sénégal compte seize jours fériés légaux, un chiffre qu'il qualifie de record par rapport aux pays développés, citant l'exemple des États-Unis, où ce nombre serait environ deux fois moindre. Il distingue toutefois secteur public et secteur privé, rappelant que l'administration ne recherche pas un gain financier mais vise avant tout la satisfaction des usagers, contrairement aux entreprises privées où la discipline horaire est, selon lui, beaucoup plus strictement sanctionnée. Diakhoumpa a rappelé que, selon la loi 74-52, le président de la République n'a pas la compétence pour décréter unilatéralement un jour férié en dehors des cas prévus par la loi. Il propose trois solutions alternatives : faire voter par l'Assemblée nationale un mécanisme similaire à celui de la Tabaski et de la Korité, qui rend férié le lundi lorsque la fête tombe un dimanche ; instaurer un système de récupération des heures perdues par un allongement temporaire des horaires quotidiens ; ou encore allonger la durée hebdomadaire de travail durant l'hivernage, période où les journées sont plus longues, afin de compenser les pertes de productivité liées aux 16 jours fériés légaux que compte le pays. Interrogé sur le nouveau Code du travail, l'ancien coordonnateur du comité d'experts chargé de sa révision a assuré que le texte était prêt et n'attendait plus que sa promulgation. Il a regretté que les syndicats retardent son adoption sur la base, selon lui, d'incompréhensions portant notamment sur l'article 100 relatif au renouvellement des contrats à durée déterminée, plafonné à quatre ans. Il a appelé les journalistes à organiser une rencontre entre experts et syndicalistes afin de lever ces malentendus avant le vote du texte à l'Assemblée nationale.
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